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Gabriel Péronnet, aux origines de la Fondation

On ne peut parler de la Fondation Péronnet sans évoquer celui qui en est initialement à l’origine par ses fonctions politiques, sa notoriété locale et nationale, et la générosité de son couple en faveur du patrimoine historique, artistique et culturel de Vichy et de son agglomération : « Gabriel Péronnet, le Bourbonnais Républicain »… cinq fois Conseiller général, six fois élu Député, deux fois Secrétaire d’Etat, Délégué à l’O.N.U., Membre du Conseil de l’Europe, président du Parti Radical, etc.

Gabriel Péronnet naquit le 31 octobre 1919 au Vernet, marqué par les origines bourbonnaises et terriennes de ses familles paternelle et maternelle, respectivement issues de Saint-Pourçain et Lapalisse. Ses parents sont Antoine Péronnet (1876-1960) et Jeanne Rousset (1884-1977), le couple ayant déjà deux enfants plus âgés, Camille (1905-1951) qui sera institutrice et Marcel (1907-1995) qui finira pharmacien-colonel.
Antoine, instituteur, est muté en 1920 au Collège public de Cusset. C’est donc là que Gabriel passera toute sa jeunesse, faisant « les 400 coups » avec sa bande de copains.

Après l’obtention de son bac en 1939, il intégra l’École Nationale Vétérinaire de Maisons-Alfort, mais l’année 1940 l’obligea à se replier sur celle de Lyon, d’où il sortit major de promotion en 1943. Il s’engagea alors comme vétérinaire militaire dans l’Armée d’Armistice, et à la Libération il sera envoyé en Allemagne puis en Algérie.
Marié en 1945 avec une Cussétoise, Noëlle Chabrier, il revint dans la ville de son enfance en 1949 par nostalgie de son Bourbonnais natal, l’un des traits de caractère de celui qui est alors surnommé « Gaby ».

Vétérinaire à Cusset, il acquit sa réputation dans la montagne bourbonnaise, et fut influencé par le radical-socialisme de son père et de ses amis : le député et ministre Lucien Lamoureux (1888-1970) et le maire de Vichy Pierre-Victor Léger (1882-1950).

Lorsque le conseiller général de Cusset Georges Roux (1879-1952) décéda, « Gaby » se fit facilement élire.

C’est le début d’une carrière de 27 ans au service du Département et de son canton où il resta omniprésent.

Sur la lancée il fut candidat aux législatives de 1958, mais battu par Pierre Coulon (1913-1967), alors maire de Vichy.

A partir des élections cantonales de 1961, Gabriel Péronnet monta progressivement en puissance.

Suite à la dissolution de l’Assemblée Nationale en 1962 il fut facilement élu député radical-socialiste de Vichy, et devint très actif à Paris.

Devenu membre de la F.G.D.S. animée par François Mitterrand, et après d’âpres luttes, il fut réélu député en 1967 puis en 1968, et intégra le Conseil de l’Europe. C’est pour ce dernier et pour l’Assemblée Nationale qu’il rédigea en 1970 un important rapport sur la piraterie aérienne, sujet alors d’une actualité brûlante.

Ayant longtemps critiqué le statut de député-maire, il se lança pourtant dans la municipale de 1971 à Vichy, où après une campagne d’une intense dureté, il fut battu par le maire sortant Jacques Lacarin (1912-2009), malgré un projet novateur, celui d’un regroupement de communes autour du « Grand Vichy »…

N.B. : Il faudra attendre 25 ans, soit 1996 avec la création du District de Vichy, puis 2000, avec celle de la Communauté d’Agglomération, pour que cette vision rationnelle et de bon sens soit localement acceptée !

Afin d’oublier cet échec il se lança dans un volumineux rapport pour le compte de l’Union de l’Europe Occidentale sur la gestion future du territoire européen, où il mit en avant, en précurseur là aussi, la nécessité d’une collaboration allant au-delà des frontières, les Euro-régions.

Quittant le courant de gauche du Parti Radical, il participa à la création du « Mouvement Réformateur » mené par Jean-Jacques Servan-Schreiber. Devenant radical « Valoisien », il fut réélu député en 1973 et soutint Valéry Giscard d’Estaing lors de la Présidentielle de 1974.

Dans le premier Gouvernement Chirac, il fut nommé Secrétaire d’État à l’Environnement et engagea de nombreux projets concernant le nucléaire, les parcs naturels, le littoral, etc., avant d’être réaffecté à la Fonction publique.

Sans en avoir le titre, il devint en même temps une sorte de porte-parole de l’action gouvernementale, défendant celle-ci devant la presse, les magazines et à la télévision, de Paris-Match à Lui en passant par Trente Millions d’Amis !

Il perdit toutefois ses fonctions lors de la démission de Jacques Chirac en août 1976.

Maigre compensation, il avait été élu un an auparavant président du Parti radical Valoisien, où il chercha sans réel succès à jouer trois cartes : celle de la temporisation face à la fougue des « Schreiberiens », celle de l’unification avec les radicaux de gauche de Robert Fabre, et celle d’un parti de gauche au service de la majorité présidentielle. Ayant perdu son poste au Gouvernement, ce qui lui laissa une grande amertume, il décida de repartir de la base en se représentant à la députation. Mais il avait perdu sa pugnacité et les adversaires seront plus nombreux et plus adaptés à l’époque, face à celui qui se revendiquait de la IIIème République avec une communication à l’ancienne, mais « Gaby » faisait partie du paysage car il connaissait tout le monde et tout le monde le connaissait…

Lors des élections cantonales de 1979, il fut battu par le communiste René Bardet, mais avec si peu d’écart que le scrutin avait été annulé. La cantonale partielle de 1980 confirma toutefois l’installation durable de René Bardet (1936-2013) dans le paysage politique bourbonnais.

Cette nouvelle défaite de Gabriel Péronnet fut un coup dur, surtout qu’entre les deux cantonales il avait aussi perdu l’élection au poste prestigieux de Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, candidature franco-allemande puisqu’elle avait reçu le soutien inconditionnel de Valéry Giscard d’Estaing et du Chancelier Helmut Schmidt. Pour ce scrutin, les pronostics avaient été bons au départ, mais il fut éliminé dès le premier tour.

Les présidentielles de 1981 lui redonnèrent un second souffle, mais la défaite de Valéry Giscard d’Estaing fut une nouvelle gifle. C’est sans grande illusion qu’il partit aux législatives de 1981 où il fut battu par le socialiste Jean-Michel Belorgey (né en 1944).

Passé un temps de réflexion, Gabriel Péronnet fit jouer ses relations et se retrouva très vite dans le sillage de la nouvelle majorité. Il obtint quelques nominations au sein d’obscurs organismes liés au commerce international, et enfin la Légion d’Honneur qu’il convoitait depuis des années.

Lassé des querelles internes au parti radical Valoisien, il s’en détacha peu à peu et devint un électron libre, appelant à l’unité au service du président. Il fut même tenté un temps de créer son propre mouvement, projet vite abandonné mais qui reçut un temps le surnom de « Péronnetisme » de la part des observateurs de la Chose Publique.

En 1983, il fut nommé président de l’Association Française pour les Nations Unies, sur recommandation élyséenne, et intègra la délégation française à l’ONU.

Revenir en politique à l’échelon local le tenta à de nombreuses reprises, mais il en fut à chaque fois dissuadé car l’électorat, lassé de ses allées et venues idéologiques, ne l’aurait plus suivi.

Nouvelle déconvenue, même pour ses fidèles : lors des présidentielles de 1988 il soutint Raymond Barre au premier tour, mais au deuxième il se mobilisa pour François Mitterrand. Après la victoire de ce dernier, il bénéficia à nouveau de la manne présidentielle mais pas à la mesure de ce qu’il espérait. Il ne devint en effet que membre du Conseil des Français de l’Étranger.

Gabriel Péronnet naquit le 31 octobre 1919 au Vernet, marqué par les origines bourbonnaises et terriennes de ses familles paternelle et maternelle, respectivement issues de Saint-Pourçain et Lapalisse. Ses parents sont Antoine Péronnet (1876-1960) et Jeanne Rousset (1884-1977), le couple ayant déjà deux enfants plus âgés, Camille (1905-1951) qui sera institutrice et Marcel (1907-1995) qui finira pharmacien-colonel.
Antoine, instituteur, est muté en 1920 au Collège public de Cusset. C’est donc là que Gabriel passera toute sa jeunesse, faisant « les 400 coups » avec sa bande de copains.

Après l’obtention de son bac en 1939, il intégra l’École Nationale Vétérinaire de Maisons-Alfort, mais l’année 1940 l’obligea à se replier sur celle de Lyon, d’où il sortit major de promotion en 1943. Il s’engagea alors comme vétérinaire militaire dans l’Armée d’Armistice, et à la Libération il sera envoyé en Allemagne puis en Algérie.
Marié en 1945 avec une Cussétoise, Noëlle Chabrier, il revint dans la ville de son enfance en 1949 par nostalgie de son Bourbonnais natal, l’un des traits de caractère de celui qui est alors surnommé « Gaby ».

Vétérinaire à Cusset, il acquit sa réputation dans la montagne bourbonnaise, et fut influencé par le radical-socialisme de son père et de ses amis : le député et ministre Lucien Lamoureux (1888-1970) et le maire de Vichy Pierre-Victor Léger (1882-1950).

Lorsque le conseiller général de Cusset Georges Roux (1879-1952) décéda, « Gaby » se fit facilement élire.

C’est le début d’une carrière de 27 ans au service du Département et de son canton où il resta omniprésent.

Sur la lancée il fut candidat aux législatives de 1958, mais battu par Pierre Coulon (1913-1967), alors maire de Vichy.

A partir des élections cantonales de 1961, Gabriel Péronnet monta progressivement en puissance.

Suite à la dissolution de l’Assemblée Nationale en 1962 il fut facilement élu député radical-socialiste de Vichy, et devint très actif à Paris.

Devenu membre de la F.G.D.S. animée par François Mitterrand, et après d’âpres luttes, il fut réélu député en 1967 puis en 1968, et intégra le Conseil de l’Europe. C’est pour ce dernier et pour l’Assemblée Nationale qu’il rédigea en 1970 un important rapport sur la piraterie aérienne, sujet alors d’une actualité brûlante.

Ayant longtemps critiqué le statut de député-maire, il se lança pourtant dans la municipale de 1971 à Vichy, où après une campagne d’une intense dureté, il fut battu par le maire sortant Jacques Lacarin (1912-2009), malgré un projet novateur, celui d’un regroupement de communes autour du « Grand Vichy »…

N.B. : Il faudra attendre 25 ans, soit 1996 avec la création du District de Vichy, puis 2000, avec celle de la Communauté d’Agglomération, pour que cette vision rationnelle et de bon sens soit localement acceptée !

Afin d’oublier cet échec il se lança dans un volumineux rapport pour le compte de l’Union de l’Europe Occidentale sur la gestion future du territoire européen, où il mit en avant, en précurseur là aussi, la nécessité d’une collaboration allant au-delà des frontières, les Euro-régions.

Quittant le courant de gauche du Parti Radical, il participa à la création du « Mouvement Réformateur » mené par Jean-Jacques Servan-Schreiber. Devenant radical « Valoisien », il fut réélu député en 1973 et soutint Valéry Giscard d’Estaing lors de la Présidentielle de 1974.

Dans le premier Gouvernement Chirac, il fut nommé Secrétaire d’État à l’Environnement et engagea de nombreux projets concernant le nucléaire, les parcs naturels, le littoral, etc., avant d’être réaffecté à la Fonction publique.

Sans en avoir le titre, il devint en même temps une sorte de porte-parole de l’action gouvernementale, défendant celle-ci devant la presse, les magazines et à la télévision, de Paris-Match à Lui en passant par Trente Millions d’Amis !

Il perdit toutefois ses fonctions lors de la démission de Jacques Chirac en août 1976.

Maigre compensation, il avait été élu un an auparavant président du Parti radical Valoisien, où il chercha sans réel succès à jouer trois cartes : celle de la temporisation face à la fougue des « Schreiberiens », celle de l’unification avec les radicaux de gauche de Robert Fabre, et celle d’un parti de gauche au service de la majorité présidentielle. Ayant perdu son poste au Gouvernement, ce qui lui laissa une grande amertume, il décida de repartir de la base en se représentant à la députation. Mais il avait perdu sa pugnacité et les adversaires seront plus nombreux et plus adaptés à l’époque, face à celui qui se revendiquait de la IIIème République avec une communication à l’ancienne, mais « Gaby » faisait partie du paysage car il connaissait tout le monde et tout le monde le connaissait…

Lors des élections cantonales de 1979, il fut battu par le communiste René Bardet, mais avec si peu d’écart que le scrutin avait été annulé. La cantonale partielle de 1980 confirma toutefois l’installation durable de René Bardet (1936-2013) dans le paysage politique bourbonnais.

Cette nouvelle défaite de Gabriel Péronnet fut un coup dur, surtout qu’entre les deux cantonales il avait aussi perdu l’élection au poste prestigieux de Secrétaire Général du Conseil de l’Europe, candidature franco-allemande puisqu’elle avait reçu le soutien inconditionnel de Valéry Giscard d’Estaing et du Chancelier Helmut Schmidt. Pour ce scrutin, les pronostics avaient été bons au départ, mais il fut éliminé dès le premier tour.

Les présidentielles de 1981 lui redonnèrent un second souffle, mais la défaite de Valéry Giscard d’Estaing fut une nouvelle gifle. C’est sans grande illusion qu’il partit aux législatives de 1981 où il fut battu par le socialiste Jean-Michel Belorgey (né en 1944).

Passé un temps de réflexion, Gabriel Péronnet fit jouer ses relations et se retrouva très vite dans le sillage de la nouvelle majorité. Il obtint quelques nominations au sein d’obscurs organismes liés au commerce international, et enfin la Légion d’Honneur qu’il convoitait depuis des années.

Lassé des querelles internes au parti radical Valoisien, il s’en détacha peu à peu et devint un électron libre, appelant à l’unité au service du président. Il fut même tenté un temps de créer son propre mouvement, projet vite abandonné mais qui reçut un temps le surnom de « Péronnetisme » de la part des observateurs de la Chose Publique.

En 1983, il fut nommé président de l’Association Française pour les Nations Unies, sur recommandation élyséenne, et intègra la délégation française à l’ONU.

Revenir en politique à l’échelon local le tenta à de nombreuses reprises, mais il en fut à chaque fois dissuadé car l’électorat, lassé de ses allées et venues idéologiques, ne l’aurait plus suivi.

Nouvelle déconvenue, même pour ses fidèles : lors des présidentielles de 1988 il soutint Raymond Barre au premier tour, mais au deuxième il se mobilisa pour François Mitterrand. Après la victoire de ce dernier, il bénéficia à nouveau de la manne présidentielle mais pas à la mesure de ce qu’il espérait. Il ne devint en effet que membre du Conseil des Français de l’Étranger.

Se croyant invulnérable, Gabriel Péronnet se mentit longtemps à lui-même quant à son état de santé réel.

En mars 1990 il dut être hospitalisé pour un cancer du poumon en stade avancé. Malgré un sursaut d’espoir à Noël 1990, il décéda à 71 ans et 2 mois le 13 janvier 1991. Né le 31/10/19 il décéda donc le 13/01/91, sacré clin d’oeil du Destin !

Les centaines de cartes de condoléances reçues par sa veuve reflétèrent l’hommage unanime qui lui fut décerné par les ténors de la politique locale, régionale et nationale, et par des dizaines de simples citoyens.